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Soins conservateurs

Comment réparer une dent cassée ?

Soins conservateurs novembre 2025

Les types de fractures dentaires

Toutes les dents cassées ne se ressemblent pas, et la solution thérapeutique dépend avant tout de la nature et de l’étendue de la fracture. On distingue plusieurs niveaux de gravité croissante. L’éclat d’émail est la forme la plus bénigne : un fragment superficiel de l’émail se détache, souvent lors d’un choc ou de la morsure d’un aliment dur. La dent est légèrement irrégulière au toucher mais la pulpe n’est pas exposée et il n’y a généralement pas de douleur spontanée.

La fracture coronaire simple touche l’émail et la dentine sans atteindre la pulpe. Elle peut provoquer une sensibilité aux chauds, aux froids et à la mastication selon la profondeur. La fracture coronaire compliquée est plus grave : elle implique la pulpe (le nerf), visible à l’examen sous forme d’un point rouge saignant au centre de la fracture. Elle nécessite souvent un traitement endodontique (dévitalisation) avant toute reconstruction. La fracture radiculaire, enfin, se situe sous la gencive et peut compromettre la conservation de la dent.

Que faire en urgence ?

Si vous cassez une dent, quelques gestes simples permettent de préserver les meilleures chances de traitement. Si un fragment s’est détaché, conservez-le dans du lait entier ou du sérum physiologique (jamais dans de l’eau pure qui détruirait les cellules résiduelles), et apportez-le au cabinet. Dans certains cas d’éclat propre, le fragment peut être recollé directement par collage composite.

Contactez le cabinet le plus tôt possible — idéalement le jour même pour les fractures pulpaires ou très douloureuses. Évitez de manger du côté concerné et protégez la dent des températures extrêmes. Si la pulpe est exposée, une douleur intense et spontanée peut survenir : une prise en charge en urgence s’impose alors. En dehors des heures d’ouverture, des urgences dentaires de garde sont disponibles à Paris selon le jour et l’heure.

Les dents antérieures : priorité à l’esthétique

Les dents du sourire — incisives centrales et latérales, canines — concentrent les exigences esthétiques les plus élevées. Leur réparation doit allier résistance mécanique et rendu naturel. Plusieurs solutions existent, du moins au plus invasif.

Option i.

Le composite stratifié

Pour les éclats d’émail et les fractures coronaires simples, le composite est la solution de première intention. La résine composite est appliquée directement sur la dent en une seule séance, sculptée à la main pour reproduire la morphologie naturelle, puis polymérisée sous lumière LED et polie. Invisible, immédiat et conservateur du tissu dentaire sain. Durée de vie : 5 à 10 ans selon l’entretien.

Option ii.

La facette en céramique

Fine coque de porcelaine (0,3 à 0,7 mm d’épaisseur) collée sur la face vestibulaire de la dent. Indiquée pour les fractures modérées ou lorsqu’une amélioration esthétique globale est souhaitée. Réalisée par le prothésiste en deux séances. Résultat exceptionnel en termes de rendu naturel, de translucidité et de durabilité. Durée de vie : 10 à 15 ans.

Option iii.

La couronne tout céramique

Pour les fractures étendues ou les dents dévitalisées fragilisées, la couronne recouvre la totalité de la dent. Réalisée en zircone ou en céramique feldspathique stratifiée, elle offre une résistance maximale et un rendu esthétique optimal. Nécessite une préparation (taille) de la dent. Durée de vie : 15 à 20 ans.

« La règle d’or en dentisterie conservatrice : traiter en préservant un maximum de tissu dentaire naturel. La solution la moins invasive compatible avec la situation clinique est toujours à privilégier. »

Les dents postérieures : priorité à la résistance

Les molaires et prémolaires supportent l’essentiel des forces masticatoires — jusqu’à 80 kg/cm² lors de la mastication. Les solutions thérapeutiques doivent donc répondre à des exigences mécaniques élevées, sans négliger l’esthétique pour les prémolaires visibles au sourire.

Option i.

Le composite postérieur

Pour les petits éclats et les fractures limitées, le composite reste une option rapide et efficace. Les composites de dernière génération ont des propriétés mécaniques suffisantes pour les zones postérieures lorsque la perte de tissu est limitée. Solution directe, en une séance.

Option ii.

L’inlay-onlay en céramique

Pour les pertes de substance plus importantes, l’inlay-onlay en céramique est la référence. Fabriqué par le prothésiste sur empreinte numérique, il s’insère précisément dans la cavité préparée (inlay) ou recouvre une ou plusieurs cuspides (onlay). Résistance supérieure au composite, excellent rendu esthétique, biocompatibilité totale. Durée de vie : 15 à 20 ans.

Option iii.

La couronne céramique

Lorsque la perte de tissu est majeure — dent largement fracturée, dévitalisée et fragilisée — la couronne est la solution de choix. Elle enveloppe et protège le moignon restant, redistribue les forces masticatoires de manière homogène et garantit une étanchéité parfaite. Réalisée en zircone pour les secteurs postérieurs soumis aux contraintes maximales.

Le cas particulier des fractures radiculaires

Lorsque la fracture s’étend sous le niveau gingival et atteint la racine, le pronostic de conservation de la dent devient incertain. Une fracture radiculaire horizontale dans le tiers apical (la pointe de la racine) peut parfois cicatriser spontanément par formation d’un cal fibreux. En revanche, une fracture dans le tiers cervical (juste sous la gencive) est généralement de pronostic défavorable.

Selon la localisation exacte de la ligne de fracture, le praticien peut proposer une élongation coronaire chirurgicale — qui consiste à abaisser chirurgicalement le niveau osseux pour exposer la fracture et permettre une restauration prothétique — ou une traction orthodontique pour amener le fragment radiculaire en position favorable. Si la dent n’est pas conservable, son extraction suivie d’une pose d’implant est la solution de remplacement de référence.

Prévention : bruxisme et gouttière de protection

Un grand nombre de fractures dentaires chez l’adulte sont directement liées au bruxisme — le grincement et serrement nocturne des dents, souvent inconscient. Le bruxisme génère des forces masticatoires anormalement élevées et prolongées qui fragilisent l’émail, créent des fissures, usent les surfaces occlusales et peuvent provoquer des fractures cuspidiennes. Il est estimé que 8 à 10 % de la population adulte présente un bruxisme significatif.

Si votre praticien détecte des signes de bruxisme — facettes d’usure, sensibilités multiples, tensions musculaires à la mâchoire — il vous proposera une gouttière occlusale sur mesure à porter la nuit. Cette gouttière thermoformée en résine dure répartit les forces sur l’ensemble de l’arcade et protège l’émail des contraintes excessives. Elle ne traite pas la cause du bruxisme (souvent liée au stress et aux habitudes du sommeil), mais prévient efficacement les dégâts dentaires. Une gouttière de sport est également recommandée pour toute pratique de sport de contact.

À retenir

— Conservez le fragment cassé dans du lait et consultez rapidement.
— Éclat d’émail : composite en une séance. Fracture étendue : facette ou couronne.
— Pour les dents postérieures, l’inlay-onlay céramique est la référence pour les pertes de substance importantes.
— Une fracture pulpaire nécessite une dévitalisation avant reconstruction.
— Le bruxisme est une cause fréquente de fractures : une gouttière nocturne est souvent nécessaire.

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